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Lucien Duval

À 91 ans, commandeur de la Légion d’honneur, Lucien Duval n’est pas prêt de prendre sa vraie retraite.
À la tête d’un vaste réseau de la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, torturé, évadé deux fois, il multiplie depuis les engagements pour raviver les mémoires.

Bio

1921 : naissance à Rombas (57)

1944 : mariage avec Jocelyne

1953 : installation à Argenteuil

1984 : (semi)-retraite

Mémoire de nos pairs

Lucien Duval
Lucien DuvalLucien Duval

Rencontrer Lucien Duval est un privilège, tant son engagement pendant la Seconde Guerre mondiale est remarquable, à la hauteur de sa sidérante modestie. Si certains assènent leurs faits d’armes, lui préfère malicieusement avoir recours à un rire chabrolien, évoquant les « petites péripéties » de son parcours. L’élégance de la légèreté, la fidélité de la mémoire. Employé dans les aciéries de sa Lorraine natale à la déclaration de guerre en 1939, il s’engage et se retrouve à Bordeaux en mai 1940. Mais Pétain signe l’armistice avec l’Allemagne. Moment douloureux, mais pas de résignation. « J’ai rejoint les chasseurs alpins de l’armée d’armistice », se souvient Lucien Duval. Dissoute, il entre en résistance, le 1er février 1943, à Grenoble, dans le réseau F2 chargé du renseignement. Rapidement, on lui confie les rênes d’une cellule de 45 personnes chargées de transmettre et recevoir les informations de Londres. « On m’en a estimé capable », lâchet-il simplement. Arrêté par la Gestapo en 1944, Lucien Duval subit les coups et la torture, mais ne révèle rien.
Animé d’un indéfectible désir d’évasion, il fabrique une courte corde en découpant de ses dents le tissu de son matelas. Enfermé au sixième étage du siège grenoblois de la Gestapo, il projette de passer par les fenêtres. À bout de forces, il finit par tomber sur un toit. Le choc est amorti par les tuiles, mais son poignet est brisé. Le bruit a alerté une sentinelle, qui le met en joue. Et tire. « La balle a traversé ma tête du nez à l’oreille mais, par immense chance, n’a sectionné qu’un nerf optique ». Groggy comme un boxeur, il est conduit à l’hôpital. D’où il s’évade grâce à deux maquisards. Il sera du maquis de la Vienne jusqu’à la Libération. « Je me suis découvert des capacités que je n’imaginais pas : on risquait la mort, mais on préférait ne pas l’imaginer. » Aveu assorti d’une simplicité confondante, balayé par ce grand rire teinté d’accent lorrain.
De son récit déborde une vitalité qui semble ne l’avoir jamais quitté. Lui permettant de mener de front sa carrière jusqu’au plus haut niveau dans les ressources humaines de ce qui deviendra Arcelor-Mital, et son engagement pour faire vivre la mémoire de la résistance et de ses acteurs. Encore maintenant, à 91 ans, rejoint-il plusieurs fois par semaine son bureau de vice-président et secrétaire général de l’association nationale des médaillés de la résistance et intervient-il régulièrement dans les écoles. Sans oublier qu’il est secrétaire de la commission nationale de la médaille de la résistance et administrateur de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre du Val-d’Oise. Un département et le quartier d’Orgemont à Argenteuil, rejoints il y a soixante ans. Le temps de s’attacher à ce petit bout de ville où l’on « est bien… » Il assure même regretter de ne pouvoir s’impliquer plus dans les manifestations locales, tant son action nationale est chronophage. Il a tout de même trouvé le temps d’écrire un livre sur son « petit parcours exceptionnel », effectué en compagnie de Jocelyne, elle-même résistante. Sa femme depuis 69 ans, épousée à la Libération. Un témoignage obligatoire, par un acteur de l’Histoire, d’autant qu’ils « commencent à se faire rares… », plaisante-t-il, des éclairs de malice dans son regard d’azur…

S.Le.

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