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Jean-Marc Defresne

Vocation, métier, réalités, espoirs… L’un des derniers maraîchers argenteuillais témoigne de son attachement à la terre, respectée sans ajout chimique. Mais sans embarquement sous l’étiquette bio, trop compliquée à appliquer. Rencontre avec Jean-Marc Defresne, 49 ans.

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Les produits, cultivés de manière raisonnée

Plantes aromatiques, haricots verts, salades de toute sorte plantées tous les jours, plus de 1 500 pieds de tomates, poivrons, aubergines, choux, blettes, radis, concombres, asperges… De l’autre côté de la D48, pommiers et poiriers, figuiers (pour la figue rose d’Argenteuil), un peu de cerisiers et d’abricotiers – qui poussent bien, contrairement aux idées reçues ; framboises et fraises, dans le jardin de la maison familiale des Coteaux.

De terre en fils

Jean-Marc DefresneDécor : 2,5 hectares cultivés aujourd’hui, le long de la route de Cormeilles. Une surface extrêmement réduite par rapport à ce que la famille possédait dans le coin, avant la « Zup », avant 1967… « Y avait que les champs, les vignes et les arbres fruitiers. »
« Mes grands-parents faisaient les marchés, à partir de 1925. Ils vendaient des fruits et du vin de leurs vignes. Mes parents prennent la suite, plus à cause de la crise de l’emploi que par vocation. » Jean-Marc aussi , qui aurait aimé devenir cuisinier ou pompier, en pleine forme grâce à la boxe et aux arts martiaux.
Personnage principal : fils unique, parents âgés, travail aux champs dès 14 ans.
« J’étais pas trop bon à l’école puis au lycée agricole, mais j’aimais bien l’internat. Au moins, j’avais des amis. » Mais le père meurt, Jean-Marc devient soutien de famille à 21 ans, reprenant l’exploitation pour aider sa maman en mauvaise santé.
Marquée par la tradition agricole, la famille. La maman, épouse Defresne, vient de la branche Mothron. Jean-Marc hérite du nom de Defresne, famille implantée à Argenteuil depuis plusieurs siècles. La même branche que Jacques, le dernier vigneron d’Argenteuil, décédé récemment.
« Je suis l’un des derniers maraîchers* d’Argenteuil en exercice. J’en ai parfaitement conscience mais pas de regrets. » Le couple Defresne vend ses produits sur les marchés, à rythme régulier : deux matins par semaine au marché de Levallois, deux autres à celui des Coteaux. Les marchés, malgré une grande baisse de fréquentation des consommateurs depuis plusieurs années, restent plutôt stables. Jean-Marc et son épouse Valérie ne s’en plaignent donc pas, assurant correctement leur vie, mais sans rouler sur l’or. « Les enfants n’ont manqué de rien, peut-être plutôt de notre disponibilité – par exemple, pour partir tous ensemble en vacances. Faire pousser des légumes, c’est contraignant. On peut bosser 7 jours sur 7. En un an par exemple, je pense que je n’ai pas pris plus de 15 jours de congés, et encore, pas à la suite ! » Sans s’en plaindre, Jean-Marc rappelle la dureté du métier, ses exigences. Le travail, loin d’être confortable, quand il pleut, vente ou neige… Lui qui déteste le froid, il dit « être servi » à ce sujet. « Le lieu que je préfère pour travailler, ce sont les serres parce qu’il y fait bon, surtout au printemps ou à l’automne. Pas encore les chaleurs de l’été, juste la douceur conservée par la serre… »
Et les projets, dans la plaine d’Argenteuil ? Intéressants pour (re)donner de l’élan à une agriculture à la périphérie de ville ? « Oui, pourquoi pas ? Mais le temps que tout cela se concrétise, j’aurai cessé mon activité. Les transformations, si elles deviennent réalité, ne seront pas exploitées avant 15 ou 20 ans. En tout cas, c’est comme cela que je vois les choses. » Pessimiste ? « Plutôt lucide. »
Côté succession ? « Nos enfants ne montrent pas d’intérêt pour la culture de la terre, en tout cas pas pour le moment. Ils viennent donner un coup de main de temps en temps pour quelques cueillettes mais ça s’arrête là… Les temps ont changé, souligne Jean-Marc. Ces cultures ne reviendront pas, en tout cas pas dans la forme et encore moins dans la quantité qu’elles avaient il y a encore cinquante ans. Nous, on s’est adaptés à la demande de la clientèle, on s’est diversifiés. »

* Avec Louis Collas et Philippe Lainé, voisins des Defresne

 

C.A.

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