Argenteuil Le site de la ville d'argenteuil

Odette et Jacques Patron

Durant la Seconde Guerre mondiale, Fernand et Berthe Anne, parents d’Odette et Justes parmi les nations, cachent l’enfant juif Jacques, à la cité d’Orgemont. En 1956, Odette et Jacques Patron se disent oui, pour la vie.

Bio

1925 : naissance d’Odette (Normandie)
1932 : naissance de Jacques (Paris)
1932 : installation de la famille Anne à la cité d’Orgemont
1956 : mariage d’Odette et Jacques
2011 : remise à titre posthume de la médaille et du diplôme des Justes à Fernand et Berthe Anne, parents d’Odette

Odette et Jacques PatronUn regard rieur et des moustaches faussement strictes comme voiles de discrétion. La simplicité d’Odette et Jacques Patron est aussi frappante que leur destin hors du commun. S’ils laissent les trémolos dans la voix aux héros autoproclamés, ils préfèrent afficher une volonté de précision sans faille. Leur histoire n’a pas besoin de pathos pour gagner en exemplarité. 1942, cité d’Orgemont, dans une France occupée, où les Juifs sont étoilés, pourchassés et déportés. « La Croix-rouge française, dont dépendait le centre social du quartier, a lancé un appel pour cacher des enfants juifs. Mes parents se sont tout de suite inscrits, se souvient Odette. En septembre, un petit garçon est arrivé. » Prénommé Jacques. Sa famille venait d’être arrêtée à Autun, rattrapée par l’antisémitisme qu’elle avait fui en quittant la Pologne en 1926. Jacques, le cadet, doit son salut à son jeune âge. Il ne reverra jamais son frère et ses parents. Pris en charge par la Croix-rouge, il rejoint un oncle, catholique et de nationalité suisse, et une tante à Paris. Avant de faire partie de la vingtaine d’enfants cachés à Argenteuil. Aucun ne sera inquiété.
Quelle fut la motivation de ces familles ? « Pour mes parents, la question ne se posait pas, il fallait agir. Mon père avait des idées très avancées », rappelle Odette, délicatement elliptique. Jacques est immédiatement considéré comme le troisième enfant de la famille, aux côtés de la jeune Argenteuillaise et de Serge, son frère. « Nous n’avions pas peur ni l’impression de prendre des risques », assure-t-elle. Inconscience ? Plutôt le courage exigé par la situation. Ses parents, héros sans le savoir ni le faire savoir, ont reçu à titre posthume le titre de Justes parmi les nations en 2011.
Pourtant les Anne, « pas très tranquilles », envoient Jacques et Serge chez une parente nivernaise en 1943. Ils en reviennent à la Libération. Et Jacques restera dans sa famille d’adoption malgré le regroupement des orphelins juifs au château de Taverny. Puis… « J’étais très proche de Serge et de sa soeur, et, petit à petit, nos sentiments ont changé », explique-t-il pudiquement. Quand elle est hospitalisée six mois à l’hôpital d’Argenteuil, Jacques est quotidiennement à son chevet, même s’ils attendent 1956 pour se marier. Sa carapace, main délicatement posée sur celle d’Odette, s’effrite au fil du récit. Laisse s’échapper des pointes de malice et d’autodérision. « J’étais un gamin facile, gentil, beau et intelligent », sourit-il. Maintenant à la retraite, après une carrière dans l’industrie achevée en 1994 comme cadre supérieur chez Citroën, il manie la litote. « On n’est pas des vieux mais on commence à être âgés », lance-t-il. Alors avec Odette, qui a fait toute sa carrière à la Caisse d’assurance maladie, ils reviennent deux fois par semaine à Argenteuil. « Parce que nous sommes étudiants ! », plaisantent-ils. Gratiennois depuis leur union, ils suivent les cours de l’Université inter-âges. Pour assouvir leur curiosité et « stimuler l’esprit ».
Toujours aussi discret, Jacques assure ne parler de son passé que lorsqu’il est sollicité. « Je suis gêné par ceux qui en font leur fonds de commerce », reconnaîtil avec dignité. Odette : « C’est un garçon bien et honnête. » Qui lui renvoie le compliment : « C’est une femme remarquable, intelligente et déterminée, qui a toujours le sourire… » Du haut de 71 ans de complicité, deux regards bienveillants nous contemplent. 

S.Le.

Le 24 juin dernier, c’est Adrien et Marie-Louise Bras qui se sont vus remettre la médaille et le diplôme décernés aux Justes, à titre posthume, pour avoir sauvé l’enfant Albert Oler.

Plan du site

Ma Mairie

Mes démarches

Ma Ville

Participation citoyenne

Actualités

Mairie d'Argenteuil

12-14, boulevard Léon Feix
BP 721
95107 Argenteuil Cedex
(France)

Tél : 01 34 23 41 00
Fax : 01 34 23 44 44