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Monique Lagarde et Claudine Zipser

L’une avait neuf ans, l’autre huit. Monique Lagarde et Claudine Zipser ont été enfermées au camp de Drancy, en février 1944. De terribles moments, déterminants et sources d’indignation.

Bio

1934 : naissance de Monique Lagarde
1935 : naissance de Claudine Zipser
Février à août 1944 : internement au camp de Drancy
respectivement 1982 et 1985 : installation à Argenteuil

lagarde zipser«Nous sommes aussi discrètes qu’unies. » Sous le soleil de juillet, Nina, la chatte noire du pavillon argenteuillais, écoute distraitement le récit de Claudine Zipser. Elle a tort. Soeur de Claudine, Monique Lagarde, a passionné des classes en contant leur histoire commune. Dans un indispensable devoir de mémoire. Monique se dit même « épatée » de la curiosité des jeunes rencontrés.
Arrêtées par les SS un matin de février 1944, elles se retrouvent au camp de Drancy. Nées d’une mère juive, leur famille avait fui en 1920 le régime hongrois. Les deux soeurs se retrouvent seules, dormant à même le sol, régulièrement interrogées à la Kommandantur afin de dénoncer leurs proches. « La saleté était extrême et nous vivions entourés de fils barbelés », se souvient Claudine. Elles resteront pourtant muettes. « Nous avons vu des choses que nous n’aurions pas dû voir à notre âge. Des gens partaient mais on ne savait pas où », rappelle Monique. En août 1944, tout le monde a été libéré, comme certaines de leurs soeurs et leur père. Leur mère, malade, venant de disparaître.

Leur caractère bien trempé ne s’est ensuite pas émoussé. Dès 14 ans, elles se lancent dans la confection. Un caractère, Monique ? On lui refuse un boulot parce qu’on la prétend trop vieille ? Elle ne se démonte pas, conteste et décroche la timbale. Elle n’apprécie pas les remarques d’un supérieur ? Elle lui dit et prend la porte. Courageuse, elle en frappera de nombreuses pour trouver un nouvel employeur. Habitant l’appartement familial du 6e arrondissement de Paris jusqu’en 1985, elle rejoint alors avec enfant et mari son actuelle maison 1934 : naissance de Monique Lagarde 1935 : naissance de Claudine Zipser Février à août 1944 : internement au camp de Drancy respectivement 1982 et 1985 : installation à Argenteuil du Val-Notre-Dame, plus abordable. Argenteuil où sa soeur, mère de deux enfants, s’est installée trois ans plus tôt. Deux parcours parallèles, comme lorsqu’il s’agit de militer au parti communiste. Qui leur a permis de prendre des cours de mécanographie, l’ancêtre de l’informatique, vers laquelle elles évolueront, au Centre national de la recherche scientifique et chez un sous-traitant de Kodak.

Dans la maison argenteuillaise, en 2013, on prend en pleine face et on respire cette indignation nourrie de leur enfermement à Drancy. Un épisode qui construira leur engagement politique. L’aînée fut d’ailleurs longtemps responsable de la diffusion du journal l’Humanité dans le 5e arrondissement. Pourquoi at- elle arrêté ? « Je ne m’entendais pas bien avec le nouveau secrétaire ! », lance-t-elle naturellement. Monique n’hésite pas à taper du marteau sur la table, peu encline à respecter les règles de bienséance. Et de corriger : « Je ne suis pas une forte tête mais sais ce que je veux. »

Syndiquées ? « Oui, bien sûr ! », rigole Claudine. Quand sa soeur s’engage à la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes (Fndirp), participant au comité statuant sur l’obtention des cartes d’internés, sésames pour une pension. Prosélyte de la tolérance et de la justice, elle défendra une prostituée qui résistait en récupérant des informations sur l’oreiller. Et démontrera qu’un escroc fut bien arrêté par les Allemands mais pas du tout pour faits de résistance. Des années plus tard, sur les hauteurs d’Argenteuil, deux chiens sympas et remuants s’entortillent dans les jambes de Monique et Claudine. Mais pour les deux soeurs maintenant âgées, aucun danger. Elles sont solidement arrimées à leurs convictions.

S.Le.

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