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le groupe Castor rue du Perreux

Dès les années cinquante, les groupes Castors ont construit ensemble leur logement. Comme l’animal du même nom. Exemple rue du Perreux, entre autogestion et entraide.

En quelques dates

1951 : début de l’aventure
1956 : fin des travaux
1958 : une tornade emporte le toit

groupe castor rue du Perreux
De gauche à droite : Jean-Louis Lemoine, Marie-Ange Lescop, Marcel Teysseire et Alain HérinDe gauche à droite : Jean-Louis Lemoine, Marie-Ange Lescop, Marcel Teysseire et Alain Hérin

Envie de lenteur en l’honneur de constructeurs de l’urgence. Une chanson d’Herman Düne (ndlr : duo folk-rock parisien) apaise l’air et la tête au sortir de la résidence construite dans les années cinquante par des Castors, rue du Perreux. Le groupe y admire un oiseau construisant son nid et se demande ce qu’il peut bien penser. Même interrogation face à nos Argenteuillais : qu’est-ce qui a bien pu vous contraindre à saisir truelles et parpaings ? « Nous étions en 1951, la crise du logement faisait rage », rappelle Marie-Ange, la vingtaine à l’époque. Le groupe – quelques couples mal logés originaires de Clichy – a dégoté, grâce au curé de la paroisse Notre-Damede- Lourdes, un terrain de 4 000 m2 à Argenteuil.

« C’était une aventure laïque, même si beaucoup se sont connus au patronage ou à la Joc*», reconnaît-elle. Après avoir rejoint l’association départementale des Castors de Seine-et-Oise, les familles vont employer samedis, dimanches et une partie des vacances à construire les deux immeubles de 32 logements. « Nous étions encadrés par de précieux professionnels : boiseurs, coffreurs ou cimentiers », poursuit Marie-Ange. Ils mettent au pot commun et achètent une bétonnière ou une grue électrique. « Nous sommes encore en contact avec le chef de chantier », souritelle. Pas anodin. Franchement symbolique. C’est une histoire d’amitié, une famille où règne l’entraide.

D’ailleurs, dans la famille Castors, demandons le technicien, Marcel. « En un samedi, on coulait plus de 30 m de plancher », conte celui qui est maintenant le président du conseil syndical. Autre exemple de la solidarité qui les anime : quand l’un décède pendant la construction, les 31 autres assurent ses heures pour permettre à sa famille d’habiter la résidence. « Je pense toujours aux efforts de ces hommes », salue Marie-Ange. Dont le mari était chargé de la comptabilité du chantier qui a duré quatre ans. Même cohésion plus tard, quand une tornade emportera le toit de l’immeuble.

Pour eux, le « vivre-ensemble » n’est pas une expression tarte à la crème, l’action désintéressée une billevesée. Jean-Louis est syndic bénévole depuis des années. Le jardin a longtemps été entretenu par les habitants ; pas de gardien, chacun se chargeant de nettoyer une fois par mois sa cage d’escalier et sortie des poubelles à tour de rôle. Autre exemple avec les fameux « locaux Castors », vaste salle servant aux réunions, fêtes et anniversaires.

« À chaque naissance, on plante un arbre dont l’essence est choisie par les parents », ajoute Marie-Ange. Demandons alors logiquement la carte du « bébé castors ». Alain, qui a acheté son appartement il y a deux ans. « Adhérant à leur démarche, je surveillais une éventuelle mise en vente », assure celui qui habite le quartier depuis 60 ans. Quant à Valérie, une autre résidente, elle évoque de « riches valeurs humaines et sociales ». Ces pionniers tiennent à les transmettre « aux plus jeunes ». Et avaient même inspiré d’autres groupes à Argenteuil, implantés rues d’Ascq et de Locarno (Val-d’Argent-Sud). Mais peu d’expériences de ce type sont encore lancées aujourd’hui. Dommage. Elles sont autant d’odes au labeur et au courage…

* Jeunesse ouvrière chrétienne

 

S.Le.

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