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Latcho

Latcho a posé ses guitares à Argenteuil après une vie sur les routes. À 79 ans, ce vrai faux gitan, virtuose du jazz manouche, a transmis sa passion à son dernier fils. Ils étaient en concert à La Cave en janvier.

BIO

1934 : naissance à Paris
1993 : installation à Argenteuil
2014 : concert à La Cave
2014 : chaque jeudi à 20h au Vrai Paris
(33 rue des Abbesses, Paris 18e)

Une gueule de septième art pour une vie de roman. Le verbe est gouailleur, l’accent titi arrondi par les embruns du delta du Rhône. Où la Camargue est lumineuse, rude et envoûtante. Patrie des gitans, convergeant vers la crypte de l’église des Saintes- Maries-de-la-Mer et vénérant Sara, la sainte noire. Latcho y a passé des années, en leur sein, plus gitan que la plupart, au son du jazz manouche. Puis il est reparti pour finalement rejoindre Argenteuil, sans s’assagir. Ni remiser sa six cordes. Conservant précieusement la bible que lui avait offerte le neveu de Manitas de Plata. 
Paname.
Premiers cris dans le 14e et enfance à Gentilly. Latcho « se sent parisien. Même avec ma tête… », sourit-il. C’est que le sang est un peu arménien, la sève éprise de liberté. L’énergumène a la bougeotte et la passion de la musique. Comme un vrai gitan. 
Musique.
Faut voir sa trogne quand il en parle. Le visage s’illumine, les traits se détendent. « C’est ma drogue douce, qui ne fait pas de mal et me délivre », assuret- il, rappelant qu’il est tombé dedans étant petit. Dans des milieux interlopes aussi. Années 50/60, son frère est guitariste dans les bars des Halles au milieu des prostituées. Latcho se met à son tour à gratouiller. Au fil du temps, ils se retrouvent en quatuor, accompagnés d’une contrebasse. « Un type s’occupait de nous, on vivait bien », assure-il. À chaque concert, ils cassent la baraque. Ce qui pour des gitans… Si le rythme s’est ralenti, on le retrouve encore régulièrement sur scène en compagnie de son fils, Greg, comme en janvier à La Cave à Argenteuil. « Mes doigts sont malheureusement fatigués. Je me cantonne donc à la rythmique », concède-t-il. 
Gitans.
« Je suis un peu le patriarche pour eux. Quand je vais à la Chope des puces à Saint-Ouen*, le patron, Marcel Campion, est aux petits soins… » On le sent un rien nostalgique d’une époque où l’entraide et la solidarité cimentaient son univers. Latcho signifie « le bon ». « J’ai viré la brute et le truand », se marre-t-il. « Presque toutes mes copines étaient gitanes, mes cinq enfants sont donc des quasi gitans », analyse celui qui aura longtemps préféré l’instabilité rassurante de leur mode de vie. 
Diseuse de bonne aventure. 
Forcément elle l’était, notamment chez Guy Lux, et fut une des femmes de sa vie. Univers baroque dont il n’aime pas le comportement des fils de l’héroïne, alors il part. Comme souvent. La seule fois où il est resté, c’est avec la mère de Greg. Avec qui il s’est établi à Argenteuil il y a 20 ans. Se jurant de rester pour son fils. « Et c’est elle qui est partie… » 
Montmartre.
Attention, pas le cliché imprimé sur la pelloche des touristes, mais celui des zincs et des nuits. Latcho et Greg s’y produisent chaque jeudi soir au Vrai Paris, rue des Abbesses. « À 21 ans, il a des qualités exceptionnelles, insiste le père. Il devrait les travailler, ce qu’il ne fait pas assez. Django disait qu’il y avait toujours à apprendre. » Django ? Reinhardt bien sûr, avec qui l’Argenteuillais a frayé, comme avec d’autres grands. Lui qui impressionna des Touaregs en plein désert : « Je jouais du oud comme eux ! » Américaines. Retour en Camargue. Il promène à l’époque sa six cordes dans les palaces en conduisant d’immenses Américaines, comme une Buick décapotable. On l’imagine un rien flambeur, sur la route des Saintes, avec deux guitares sur la banquette arrière. Et une fois arrivé, la nouvelle se propageait comme une traînée de poudre : « Le gitan est arrivé… »

S.Le.

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