Ma ville

Le patrimoine urbain

XVIIIe – XIXe siècle

Au XVIIIe siècle, en ville, les maisons vigneronnes et maraîchères, modestes habitations à étage, forment la grande masse de l’habitat traditionnel, et donnent une singularité aux rues du bourg rural tant par l’alignement des façades que dans l’ordonnancement des voies de circulation et des places. Le principal témoin en est le découpage cadastral caractérisé par d’étroites et longues parcelles héritées du morcellement des terres viticoles. Quelques exemples de maisons vigneronnes existent encore en centre-ville.

Les immeubles bourgeois - XIXe siècle

L’immeuble bourgeois se caractérise dans sa répartition spatiale par de vastes appartements, s’étalant souvent sur un étage entier. Leur style et rythme architectural sont travaillés et variés dans leurs formes et dans leurs ornementations. L’immeuble bourgeois marque également par son architecture extérieure une hiérarchisation sociale entre les niveaux : les étages dits nobles sont repérables à la présence des balcons en fer forgé. Les parties réservées aux domestiques se manifestent, elles, par les simples lucarnes de toiture.

Les immeubles de rapport - XIXe siècle

L’immeuble de rapport était une source de revenus pour son investisseur. Les appartements étaient donc petits, nombreux, peu chers et leur architecture souvent quelconque. Leur style et rythme architectural sont sobres, répétitifs et pratiquement dépourvues d’ornementation. La brique constitue souvent le matériau principal de construction. Les immeubles de rapport construits à la toute fin du XIXe siècle se différencient toutefois. Bien que classiques, de part leur architecture de bâtiment collectif, ils présentent néanmoins les caractéristiques du mouvement Art nouveau par le jeu des matières et des coloris.

XIXe siècle - Les maisons de villégiature

À Argenteuil, comme ailleurs autour de la capitale, les lotissements de villégiature se multiplient. Des quartiers aux noms évocateurs, comme la « Colonie parisienne » se construisent à proximité de la gare ou aux marges ouest de la ville à l’emplacement des anciens remparts (boulevard Jeanne-d’Arc et Gallieni). L’architecture de villégiature est avant tout marquée par la construction de villas et de demeures bourgeoises agréables et confortables souvent caractérisées par l’utilisation de la pierre de meulière ou du toit Mansart et agrémentées d’un jardin. De style classique, art nouveau ou arts décoratifs, elles constituent un véritable catalogue d’architecture. À partir des années 1920/1930, le nombre de villas tend à diminuer au profit des immeubles de rapport et d’immeubles bourgeois.

Les cités-jardins - XIXe siècle

Première tentative de reconstruction urbaine du début du XXe siècle, et en réaction au développement désordonné des lotissements ouvriers, les cités-jardins transforment les modes d’habitation. Indissociable de l’idée de modernité et d’hygiénisme, les logements sont aérés, dotés du confort sanitaire, entourés d’espaces verts et proches des équipements publics. À Argenteuil, les cités-jardins sont initiées par la ville, comme celle d’Orgemont, du Marais ou du Perreux, ou liées aux entreprises, comme celle de la « Lorraine ».

L’auto-construction - 1920 – 1930

Val-Notre-Dame // Orgemont-Volembert // Les Coteaux

Entre les années 1920 et 1930 la banlieue se développe rapidement et de façon anarchique. Des lotissements constitués de pavillons, qui sont parfois le produit de l’auto-construction, se peuplent d’ouvriers venus travailler dans les usines toutes proches. Leurs habitations sont pour la plupart défectueuses ou pour le moins non aménagées, sans électricité, eau, gaz ni voirie. Cette architecture originelle reste perceptible dans plusieurs habitations des quartiers du Val-Notre-Dame, d’Orgemont-Volembert ou des Coteaux, malgré les aménagements successifs.

Les Hbm- 1920

Dans les années 1920, l’État généralise la construction de logements populaires. Les offices publics communaux d’Hbm se développent alors comme celui d’Argenteuil, créé en 1923. Son premier grand chantier est la cité du Tronc édifiée de 1930 à 1933. Les préoccupations des architectes rejoignent alors celles des concepteurs de cités-jardins : standardisation et rationalisation au service du confort et de l’hygiène.

Les grands ensembles : Val d’Argenteuil 1958 – XXIe siècle

Le programme d’aménagement de la Zup d’Argenteuil, approuvé en 1962, débute en 1965 sous la direction de l’urbaniste-architecte Roland Dubrulle. Le projet de grand ensemble, communément dénommé alors « quartier de la nouvelle gare » ou « super Argenteuil » intègre dès son élaboration deux secteurs d’habitations dont un conçu autour d’une dalle centrale, une zone industrielle de 70 hectares, un parking de 1000 places et une desserte ferroviaire directe joignant Paris-Saint-Lazare en dix minutes. Le quartier du Val-d’Argent-Nord et Sud, porteur de dynamisme et d’inventivité, accueille aujourd’hui 30 000 habitants et représente un cinquième de la surface bâtie de la ville.