L’homme du XXe siècle

1969

Sculpture d’Edouard Pignon, céramique de Michel Rivière

Terre chamottée et céramique émaillée (10x50 m)

Boulevard Héloïse et avenue Gabriel Péri


Né en 1905, Edouard Pignon exerce d’abord les métiers de mineur et d’ouvrier avant de se consacrer à la peinture dans les années trente. Il est marqué par l’œuvre d’André Lhote (1885-1962). Ce dernier, installé à Paris en 1908, s’est intéressé à l’art nègre. Il fut également influencé par le Fauvisme avant d’être sensibilisé au Cubisme qui l’incita à schématiser les volumes d’une façon géométrique et abrupte, tout en conservant le goût des couleurs vives et contrastées. Cette influence est nette dans la fresque d’Argenteuil.
Picasso, lui aussi attiré par les arts primitifs et principal créateur avec Braque (né à Argenteuil en 1883) du Cubisme, encourage le travail de Pignon dès leur rencontre en 1936.

"L’Homme du XXe siècle" lui est commandé par l’architecte urbaniste Roland Dubrulle, chargé de la construction de la Maison des Jeunes et de la Culture, inaugurée en 1969. Cette œuvre, en trois parties, évoque le drame du XXe siècle, ses contradictions et la violence des guerres. Elle est aussi une ode au travail, un hommage à l’homme de notre époque, "un homme un peu cosmonaute" disait l’artiste.

Depuis l’avenue Gabriel Péri, un panneau représente la guerre et le chaos : dans un monde dominé par quatre têtes de guerriers brandissant des glaives et des lances, règne une atmosphère faite de sang et de feu. Sur le boulevard Héloïse, les couleurs évoquent un monde de paix, de travail et de progrès : le bras de l’homme maîtrise les forces de la nature tandis que dans le ciel s’inscrit l’arbre de la conquête spatiale. Nous en sommes en 1969, année ou l’américain Neil Armstrong posa le premier un pied sur la lune. Enfin, sur l’angle est figuré, L’Homme du XXe siècle, condamné à être l’artisan de son bonheur ou de son malheur : son front se mélange aux nuages, son regard comme sa bouche sont marqués à la fois par la douleur et l’orgueil ; des rides attestent de la violence des combats qu’il doit livrer.

Cette composition, qui a demandé plus d’un an de travail, comporte plus de 5 000 morceaux de céramique. En 1969, cette fresque, la plus grande d’Europe, est aussi la première œuvre d’art qui allie à la fois peinture, sculpture, céramique et architecture.

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