Portraits d'Argenteuillais

Sébastien Havot

Portraits d'Argenteuillais

Pas un farfelu, ce Sébastien Havot. À 17 ans, il revient du championnat du monde juniors de cyclo-cross. Lui qui a rejoint à l’automne le club de cyclisme d’Argenteuil (Avsc 95). Pour mettre toutes les chances de son côté.

Bio

1996 : naissance à Reims
2013 : intégration à l'Argenteuil-Val-de- Seine-cyclisme (Avsc 95)
2014 : championnat du monde juniors de cyclo-cross
2015 : baccalauréat en vue

« Mais parce que c’est un des meilleurs clubs juniors de l’Hexagone ! » Sébastien Havot, récent champion de France de cyclo-cross, n’y va pas par quatre chemins boueux. Pour lui, c’est presque une évidence, le club Argenteuil-Val-de-Seine cyclisme est une référence en matière de petite reine. Si bien qu’après les premières touches de l’été 2012, il l’a finalement rejoint à l’automne. Lui qui habite à quelques encablures de Reims. Lui qui a disputé les championnats du monde début février. Champagne ! Quoique… Ne sabrons pas la bouteille avant d’avoir la concurrence tuée.

« Je visais le podium. En finissant 15e, je suis un peu déçu », reconnaît-il à la descente de son vélo tout crotté. Le cyclo-cross étant bien l’épreuve disputée dans les sous-bois où les coureurs aux joues écarlates n’hésitent pas à épauler leur bicyclette quand le terrain est trop accidenté. Le jeune phénomène reconnaît tout de même que son début de saison « est super. Je ne vais pas rester sur cet échec ». C’est tout Sébastien : un jeune homme déterminé et réfléchi. Un coureur qui ne se lamente pas sur ses – relatifs – échecs, mais retient ses victoires, pour mieux s’en inspirer. Car en plus des championnats de France, il a décroché le challenge national.

Ambitieux, il ne se nourrit pas d’illusions et ne met pas tous ses œufs dans le même panier de bicyclette. « Il est bien trop tôt pour dire si j’ai les capacités à devenir professionnel. Je tiens donc à poursuivre mes études après le bac, que je passe l’an prochain », planifie-t-il. À peine 17 ans et déjà une sagesse à faire passer le Dalaï-lama pour un écervelé de la téléréalité. Il se verrait bien Braquet vers la victoire kiné pour continuer à évoluer dans le milieu du cyclisme si sa carrière sportive tourne court. Un milieu qu’il adore sans savoir dire pourquoi.

Fou de sport, il suit les grandes courses et soutient l’équipe de Reims de football. Côté vélo, les jeunes et les grimpeurs ont ses faveurs. N’a-t-il pas les prédispositions physiques pour les côtes escarpées, avec ses 58 kilos pour 1,78 m ? Si sa technique lui permet de grappiller des secondes, il manque parfois de puissance. « L’encadrement de qualité » de l’équipe d’Argenteuil devrait donc lui permettre d’y remédier et de franchir un nouveau pas.

Si Sébastien s’entraîne sur les routes de la Marne, de son côté, une douzaine d’heures par semaine, sous la houlette de son père, c’est bien en accord avec le programme mis en place par Frédéric Blanchon qui s’occupe des juniors du club.
Au fait, le paternel… Une piste pour remonter la chaîne de vélo des origines. « Lui et mon grand-père ont fait quelques courses étant jeunes », précise- t-il. Pour sa part, Sébastien a juste l’âge de raison quand il est repéré par le club de Bazancourt. Depuis, il ne l’a jamais perdue cette raison, aussi haut fut-il perché sur les podiums. Pourtant, s’il a toujours aimé s’entraîner « avec les copains », ils étaient plus précoces, et lui rarement vainqueur. Loin de l’accabler, il en tire le goût de l’effort, l’envie de mouliner comme un damné.
« Je suis un battant. Quand j’ai envie de gagner, je sais me surpasser », assure celui qui peut compter sur le « primordial» soutien de sa famille. Et les sacrifices, l’hygiène de vie ? Il les oublie vite et assure ne pas passer à côté des années de l’insouciance. « La jeunesse, c’est se faire plaisir, et moi c’est par les courses et le vélo… »