Portraits d'Argenteuillais

En toute discrétion

Portraits d'Argenteuillais En toute discrétion

Portraits d'Argenteuillais

Presque 50 ans d’investissement auprès des personnes en situation de handicap. Arlette Liborel préside depuis cinq ans la section locale de l’Apajh95, qu’elle a rejointe après la naissance de sa fille.

Bio

1939 naissance dans la Somme
1961 mariage avec Daniel
1962 naissance de Béatrice
2012 présidence de la section locale de l’Apajh95

La joie de vivre de Béatrice est un prisme. Un des outils d’Arlette Liborel pour adoucir son regard sur la vie. Fille d’Arlette et de Daniel, Béatrice est « née en 1962 en situation de handicap mental ». Pas un hasard donc si Arlette a été membre du bureau de la section d’Argenteuil, Bezons et Herblay de l’Apajh95 (Association pour adultes et jeunes handicapés) pendant 42 ans, puis accepté d’en prendre la présidence locale il y a cinq ans. « Ce n’est pas pour me mettre en avant mais parce que le président de l’époque, Serge Wamant, me l’a proposé et que je me refusais à voir l’association s’écrouler. » Construire avec les autres, en toute discrétion, plutôt que récolter une futile gloriole : la retraitée n’a de cesse de se ranger derrière le nom de ceux dont l’engagement a jalonné le sien. À commencer par celui de Roger Hermet et de sa femme Rosa (ndlr : successivement disparus en 2015 et 2016), à l’origine de l’aventure associative.

Évoquer Béatrice illumine le visage d’Arlette. « Elle est un exemple. Les personnes handicapées sont capables d’intégrer énormément de choses. Il faut les voir travailler, par exemple au sein des Esat* ». Les membres de l’Apajh se battent pour obtenir des places d’hébergement. « À Argenteuil, nous gérons un service et quatre établissements, dont le foyer de La Cerisaie. » Action et réflexion : « Nous songeons aux solutions pour la retraite des personnes en situation de handicap. Faut-il se tourner vers des unités spécialisées dans des établissements classiques ou la création de maisons de retraite spécifiques ? », illustre Arlette.

Philosophe et dynamique, la présidente estime qu’il « faut garder espoir mais pas vivre d’illusions », court les thés dansants et se fait régulièrement
une toile au Figuier blanc. Humaniste, elle apprécie voir les éléments de la vie s’imbriquer pour mieux stimuler. Ainsi lorsqu’elle fête ses 40 ans de mariage avec Daniel, malheureusement disparu depuis. « Nous ne sommes pas repassés devant le maire de l’époque, mais devant son premier adjoint. J’aurais pu être déçue. Mais j’ai surtout vu un symbole : c’était Christian Jeudy, l’instituteur spécialisé de ma fille ! » D’ailleurs, Arlette a elle-même un temps songé à devenir institutrice avant que les aléas de la vie l’orientent vers le secrétariat. Infatigable, lorsque la motivation et la reconnaissance sont là, elle peut déplacer des montagnes. Ou plutôt les montagnes à déplacer ne l’impressionnent pas.

Et Argenteuil ? Elle l’a découverte à 17 ans, en rejoignant son père, un de ses modèles, « qui a fait tous les métiers ». Depuis, elle n’a plus quitté la ville, habitant Orgemont, le centre-ville et maintenant les Coteaux.

Où elle continue de se battre pour les personnes en situation de handicap. « Il y a des personnes qui tirent de la force des épreuves de la vie, d’autres s’écroulent ». Arlette, qui n’a eu de cesse de s’accrocher, de persévérer et de garder espoir, même face aux affres de sa carrière professionnelle, appartient assurément au premier groupe. Avec la joie de vivre de Béatrice comme halo de lumière.

* Établissement et service d’aide par le travail