Portraits d'Argenteuillais

Internationale de la trompette

Portraits d'Argenteuillais Internationale de la trompette

Portraits d'Argenteuillais

Hichem Khalfa vient de sortir son deuxième album sous son nom. Le trompettiste de 26 ans oscille entre jazz et funk. Son parcours a débuté au conservatoire d'Argenteuil et se poursuit sur les scènes du monde entier.

Bio

1990 naissance à Argenteuil
1996 apprentissage de la trompette
2011 installation à Montréal
Juillet 2017 à l'affiche du festival Jazz à Vienne (38)

L’accent québécois frappe immédiatement, comme un résumé de ce qu'est Hichem Khalfa. Un être en quête perpétuelle de rencontres, ouvert sur le monde. Il a vu le jour à Argenteuil, mais installé à Montréal depuis six ans, il ne parle plus pointu comme à Paris mais rond comme au bord du Saint-Laurent. Dans la capitale de la Belle Province, il poursuit sa carrière de trompettiste initiée au conservatoire d'Argenteuil. L'homme est chaleureux, le parcours impressionnant : « J'ai commencé à 6 ans au jardin d'éveil, puis intégré la classe de trompette, tout en effectuant ma scolarité à Argenteuil, de l'école Paul-Vaillant- Couturier au lycée Georges-Braque. »

Diplôme et bac littéraire en poche, il passe avec succès le concours d'entrée au conservatoire de Genève. « J'y ai croisé beaucoup d'étudiants étrangers et reçu des enseignements de très bon niveau. » La musique ? Toute sa vie. Les veines rayées comme une partition, les os en forme de croches et l'ADN agencé comme une douce mélodie puisque son père est percussionniste. « Il m'a toujours inspiré, je l'accompagnais aux concerts. J'ai eu la chance de voir l'envers du décor, comme les balances [Ndlr : réglages son et lumières], et de ressentir très tôt l'émotion qui se dégage sur scène et de l'échange avec le public. » C'est bien simple, il ne pourrait « faire autre chose. »

Quant au pas banal choix de la trompette, il semble être inspiré par « les musiques de films ou de séries télé. C'était ma volonté. » Inébranlable cette volonté, il va sans dire, même les passions adolescentes comme les jeux vidéo ne parvenant pas à le détourner de la musique. Classique au début, elle s'est bleutée de jazz puis de funk, tout en restant cinématographique. Compositeur, Hichem a sorti deux albums sous son nom et deux autres avec son groupe de funk The Brooks. Le plaisir dégagé des enregistrements étant décuplé par celui ressenti sur scène. « Ces deux aspects se nourrissent. L'écriture naît de l'envie, pas d'une commande. Il ne faut pas forcer les choses, car il
faut être sincère, honnête. » Voilà, les mots sont lâchés. Incontournables pour lui et déterminants chez les artistes qu'il admire. À commencer par Miles Davis. « Il m'impressionne et a su rester fidèle à sa démarche en accompagnant quatre ou cinq changements majeurs de l'histoire de la musique. » Depuis quelques années, il est donc basé à Montréal, une ville riche culturellement et musicalement (et dans tous les styles). La capitale québecoise est désormais son refuge, lui qui désirait tenter une école américaine se révélant finalement trop chère. Et s'il aime revenir au moins une fois par an à Argenteuil, Hichem n'en est pas nostalgique. Non, « le but n'est pas de rester enfermé mais de découvrir le monde. Un artiste se doit d'être curieux, de voyager, pour se renouveler et entretenir l'inspiration... »