Portraits d'Argenteuillais

Révéler sa facette

Portraits d'Argenteuillais Révéler sa facette

Portraits d'Argenteuillais

Bientôt dix ans qu’Annabelle Gobillot est aux petits soins des vitraux. L’Argenteuillaise de 19 ans fait
partie des meilleurs apprentis de France et vient d’être recrutée par un atelier des environs de Chartres.

Bio

1997 naissance à Argenteuil
2008 découverte des vitraux
2017 une des meilleures apprenties de France
2017 recrutement par un atelier des environs de Chartres.

En voyage, elle ne rate jamais une église. À Paris, elle les connaît par cœur, surtout leurs vitraux. Annabelle Gobillot vient de devenir « une des meilleures apprenties de France » dans sa spécialité, les vitraux donc et tout particulièrement leur restauration. Une passion devenue métier née dans un atelier argenteuillais. « Mon père est menuisier et j’ai toujours passé beaucoup de temps dans son atelier. Nous avons fabriqué de nombreux meubles ensemble », se souvient Annabelle la manuelle, au sens noble du terme. « Mes parents m’ont alors offert un stage auprès du vitrier argenteuillais Serge Elphège ». Elle a 11 ans et plus qu’un stage, c’est une révélation. Le jeu sur les couleurs, la découpe, l’histoire véhiculée par ces œuvres d’art la transportent…

Après quelques stages qui la confortent dans son choix, elle réussit à intégrer le lycée des métiers d’arts du verre Lucas-de-Nehou à Paris, décroche un CAP, un BMA et l’année dernière, un Fcil*. Success story : lors d’un de ses derniers stages, Annabelle se voit proposer un premier contrat. Début octobre, elle s’installe donc à Chartres pour rejoindre l’atelier Claire-Babetvitraux. Où les habitudes de la maison lui vont plutôt bien au teint. « C’est un grand atelier où l’on n’a pas de spécialisation. » Comprendre que l’on ne fait pas toujours la même tâche, découper le verre par exemple, mais que l’on est chargé de pièces dont on s’occupe dans la totalité. Et puis Chartres, c’est aussi une cathédrale, un pan d’histoire qui pourra passer entre ses mains. Elle qui apprécie autant les créations du XVIe que l’Art nouveau et l’Art déco.

Ne lui demandez pas si le métier est dangereux, pour tout dire si l’on s’y coupe souvent, elle vous montrera dans un grand sourire un pansement à l’un de ses doigts en rassurant : « Ce n’est jamais très grave ».

D’une grande maturité, décidée, elle se dit compétitrice, « peut-être même un peu trop, mais j’ai l’esprit de gagne et cela me permet de savoir où je me situe. » Annabelle songe d’ailleurs au concours des Meilleures ouvrières de France, suite logique et prestigieuse, surtout « une jolie carte de visite ». Ah oui ? Vous avez des projets ? « Je rêve de pouvoir ouvrir mon propre atelier », glisse-t-elle. La détermination sourd de ses yeux et incite à la confiance. Sa pratique ? « Un peu compulsive ». Pas grave, elle est infatigable. « Dès que j’ai du temps, je crée ou restaure des vitraux. » Tout en gardant du temps pour ses compétitions de gymnastique avec la Saint-Georges d’Argenteuil et bien sûr ses proches, ses deux sœurs et son frère, relieur. Oui, chez le Gobillot, on a une délicieuse tendance à donner dans l’atypique.

* Respectivement Certificat d’aptitude professionnelle ; Brevet des métiers d’art ; Formation complémentaire d’initiative locale