Portraits d'Argenteuillais

Tonnerre mécanique

Portraits d'Argenteuillais Tonnerre mécanique

Portraits d'Argenteuillais

Alan Agogue vient de remporter le championnat d’Europe d’endurance. Chez ce pilote de moto argenteuillais de 22 ans, le motocyclisme, c’est une passion familiale.

Bio

1995 naissance à Argenteuil
2005 entrée à la Mini Bike Academy
2017 victoire au championnat d’Europe d’endurance
2018 Les 24h du Mans en ligne de mire.

Deux roues et un moteur font leur bonheur. Surtout s’il y a des chevaux-vapeur sous la pédale. Alan Agogue a de qui tenir. Le père, Alain, a longtemps été pilote de moto amateur. C’est bien simple, la première fois que le fils a pénétré dans les stands d’un circuit, il était assis en poussette. « J’ai toujours aimé l’ambiance des paddocks », raconte-t-il. On avait d’ailleurs immédiatement compris en pénétrant dans le garage de la maison, où les belles mécaniques se succèdent, de la trottinette électrique à la moto d’enduro en passant par quelques vélos, dans une odeur entêtante, presque enivrante, de gomme et d’huile de vidange, qu’il n’a pas trop fallu insister pour qu’il grimpe sur une de ces montures d’acier. D’ailleurs, de cette bête, il faut dire quelques mots : une pointe de vitesse à plus de 350 km/h, 180 kilos plein d’essence compris, 1 000 cm3. N’en j’tez plus.

Alan est bien du genre précoce puisqu’il n’avait pas dix ans quand il a intégré une école de pilotage destinée à faire émerger les futurs pilotes d’élite français. Il a ensuite disputé de nombreuses courses comme le championnat de France ou le trophée Pirelli... Pourtant, quitte à légèrement freiner sa progression sur les circuits, lui et ses parents ont placé les études en premier. Il a du coup décroché un BTS de conception et de réalisation de carrosseries et une licence de conception 3D : une autre passion dont il a fait son métier. Quand il n’est pas au guidon, il est au crayon ou plutôt au clavier à dessiner des pièces de voitures, des casques ou le graphisme de sa moto pour la prochaine saison.

Les risques ? Éviter d’évoquer la question avec la maman, qui n’est pas très rassurée quand le fils avale les kilomètres, un peu vite tout de même. « J’ai conscience que nous prenons des risques quand nous posons le genou au sol dans les virages ou qu’au freinage, on passe de 300 à 80 km/h en 150 m, mais il faut en faire abstraction», assure le rejeton, d’une épatante sincérité.

Une passion qui a un coût : « On peut dépenser 1 500 € de pneus sur un week-end de course », rappellent Alan et son père, qui le suit pour la technique ; et chronophage. Ils sillonnent les circuits d’Europe et y consacrent l’essentiel de leurs congés. Le jeune argenteuillais est sérieux mais pas austère. Il sait juste ce qui l’amuse, alors il fait tout pour pouvoir continuer. Quitte à écumer les salles de sport. Inutile de répéter le poids de la bécane pour justifier.

Prochain gros objectif ? Les légendaires 24h du Mans au printemps, avec un dessein en poche de combinaison : s’y faire repérer, lui le pilote privé – « privé de tout », sourit le paternel – par une écurie officielle et passer professionnel…