Portraits d'Argenteuillais

À coups sûrs

Portraits d'Argenteuillais

Vice-champion du monde de kick-boxing* (catégorie light -63 kg), en parallèle de son travail à la mairie d’Argenteuil, Enzo Bonio est intarissable sur les vertus de la boxe. Une discipline découverte à 2 ans, grâce à son père.

Bio

1992 naissance à Ermont
2007 début de l’entraînement quotidien
2009 naissance de son fils Lucas.

Certains naissent avec une cuillère en argent dans la bouche, lui ce fut avec des gants de diamant aux mains. Depuis des générations, les dieux du ring se penchent, le regard attendri, sur les berceaux des nouveaux-nés de la famille Bonio. Enzo, qui travaille à la direction municipale des Sports, vient ainsi de décrocher le titre de vice- champion du monde de kick-boxing à Budapest (Hongrie), alors que son frère fut champion du monde junior. C’est bien son père, ancien boxeur et entraîneur au sein de son club, le SBC-Sarcelles, qui fut le modèle d’Enzo. Grâce à lui, il est monté sur les rings... à 2 ans. Il n’en est plus redescendu, rejoint même par femme et enfant. « Mon fils m’y aide parfois à encadrer les cours de baby-boxing et a déjà remporté, à seulement 8 ans, le championnat du Val-d’Oise de boxe française ! »

Enzo a donc de l’or entre les poings puisque dès 2012, alors surclassé chez les seniors, il est revenu des championnats du monde une médaille de bronze autour du cou. Outre le talent, le combattant fait montre d’une extraordinaire capacité de travail. Il pratique d’ailleurs aussi la boxe française, « la meilleure école pour la boxe pieds-poings », et figure en bonne place dans les listes interministérielles pour la discipline. Nous parlions de labeur : Enzo Bonio ne s’entraîne pas de manière assidue mais forcenée. Sept jours sur sept, il fait ses gammes. « La salle est un rituel dont je ne peux me passer, c’est maintenant un peu comme ma maison.» Et les rings du monde ses résidences secondaires, puisqu’à peine médaillé, il pense déjà à la prochaine compétition – les championnats de France en fin d’année. « Je suis bien quand je combats », glisse-t-il en toute simplicité. Sage, sérieux, Enzo sait que « l’entraînement est un passage obligé », où les efforts pour parfaire tactique et physique paieront forcément.

Passionné, il passe donc aussi beaucoup de temps au pied des rings à conseiller les plus jeunes. « J’ai passé mes diplômes d’entraîneur et suis très attaché à la transmission de notre art », précise-t-il. Encore une preuve ? L’équipe du SBC-Sarcelles accueille régulièrement des jeunes pour des Travaux d’intérêt général, « et le centre social situé à côté nous envoie parfois des gamins. Ce sport aide à grandir ». Loin du cliché du boxeur bagarreur, il voit dans cette discipline un moyen de canaliser les énergies, apprendre à respecter les cadres et préserver une bonne hygiène de vie. Tout en prenant un immense plaisir, sans quoi il ne consentirait pas tous ces efforts.

Et pour les années à venir ? Le kick-boxing et la boxe française ne sont pas olympiques, mais chaque pays organisateur peut choisir des disciplines nouvelles. Or, le 13 septembre dernier, la France a été désignée pour accueillir les Olympiades en 2024. Enzo Bonio n’aura que 32 ans...

*Discipline sportive appartenant au groupe des boxes pieds-poings, développée au début des années 1960.