Portraits d'Argenteuillais

Sapeur et sans reproche

Portraits d'Argenteuillais Sapeur et sans reproche

Portraits d'Argenteuillais

Sylvain Chateau a dirigé le centre de secours d’Argenteuil pendant neuf ans. Une longévité rare mais qui n’étonne personne.

Bio

1971 naissance à Paris XVIIe
1989 sapeur-pompier volontaire à Con ans- Sainte-Honorine
1991 Service national à la Brigade des sapeurs- pompiers de Paris
2009 direction du centre de secours d’Argenteuil
2018 intégration au groupe Prévention (Sdis 95).

"Attentif aux valeurs et profondément humain." La définition est de son adjoint qui a le sens de la formule. Le commandant Sylvain Chateau, qui vient de quitter la tête du centre de secours local, allie précision et douceur, rigueur et sensibilité. Ses gestes et son regard en témoignent : il faut trottiner pour suivre le pompier qui marche au pas de course pour rejoindre une des dernières fois le foyer de la caserne pour y prendre le temps de saluer tout le monde, le regard pas vraiment d’acier. Après neuf ans passés à Argenteuil, il est maintenant adjoint au chef du groupement
Prévention du Val-d’Oise.

Référence paternelle. « Il était lui-même pompier. J’ai donc grandi dans les histoires de pompiers, j’ai même fait mon stage d’observation de 3e à la caserne de Conflans-Sainte-Honorine », se souvient-il. Et dans les histoires de ballon. «Mon père était aussi handballeur et a fondé un club où j’ai commencé à jouer à 9 ans. J’en ai sué mais c’était une bonne école. J’ai même évolué en pré Nationale au club de Poissy», sourit-il. Alors qu’il ne pratiquait plus qu’en loisir, il crée en 2007 une équipe de pompiers du Val-d’Oise qui a atteint le plus haut niveau corpo. La discipline faite de rigueur, d’honneur et de valeurs humaines lui va comme un gant.

Altruisme familial. «J’ai ça dans le sang. Ma mère est infirmière, comme une de mes sœurs quand l’autre est enseignante », liste-t-il. Nous ajouterons : métiers à vocation. Dont celle de se mettre au service des autres. Sylvain Chateau a même emprunté la voie royale dans son domaine. Après un bac scientifique, il devient pompier volontaire, décroche un DUT Hygiène et Sécurité et passe le concours sur titre pour devenir officier. Après quelques années au sein de services administratifs, il intègre un groupe d’officiers du Val-d’Oise chargés de réorganiser la gestion de l’alerte, puis prend le commandement du centre de Taverny et donc celui du centre de secours principal d’Argenteuil.

Feux de forêt. Spécificité d’Argenteuil : ses sapeurs-pompiers sont entre autres spécialisés en sauvetage-déblaiement-plongée et cynotechnie. Le commandant, lui, peut être renfort dans la lutte contre les feux de forêt. «J’ai eu la chance de partir deux fois et de diriger une colonne de 60 gars. En 2011 à La Réunion, puis l’été dernier dans le Sud-Est français.» Humilité et droiture encore : «On ne commande que nos hommes, nous nous mettons à la disposition des pompiers locaux», pose-t-il, inflexible.

Derniers mots. Ils seront brefs et pour les deux gars qu’il a perdus au cours de sa carrière, dont un dans une catastrophe aérienne. « On n’est pas grand-chose, simplement des hommes comme les autres, même si on est chef». La gorge est serrée. Il voulait juste le dire. Puissance de la sobriété.