Portraits d'Argenteuillais

De toutes les matières

Portraits d'Argenteuillais De toutes les matières

Portraits d'Argenteuillais

Sculpteur hors normes, Franco Montanari n’aime pas trop les conventions. À 67 ans, l’Argenteuillais mêle couleurs et supports dans ses créations.

Bio

1952 naissance en Italie
1960 arrivée en France
1983 installation à Argenteuil
2011 retraite ; lancement dans la sculpture

Il ne donne ni dans l’académisme bon teint ni dans le jeunisme clinquant des galeries branchées. L’ Argenteuillais Franco Montanari s’épanouit dans la marge et n’a de cesse de débroussailler les contre allées de la sculpture. « Il faut que cela sorte de l’ordinaire, sinon la vie ne sert à rien », lance-t-il comme un étendard. La seule influence qu’il accepte et revendique est celle des univers fantastiques, à commencer par la littérature. « Je n’aime pas la réalité et préfère les choses un peu bizarres. À 14 ans, j’ai commencé par un bouquin de la bibliothèque verte et depuis, je ne lis plus que de la littérature fantastique. Cela me fait rêver. Et l’inspire. J’aime les choses qui n’existent pas mais comme je les vois, je les fabrique. Chaque sculpture raconte une histoire, où les galaxies sont souvent évoquées. Mises bout à bout, elles en racontent une encore plus vaste. » Ses œuvres pourront naître d’une souche de romarin, qu’il va peintre en de multiples couleurs et lui adjoindre des yeux de verre. « Les choses se mélangent dans ma tête. »

Le mélange des matières est une autre de ses douces obsessions. Tout comme celui des couleurs, qu’il privilégie dans ses dessins et peintures puisqu’il tâte également du pinceau.

À l’heure de la retraite, la sculpture a envahi la vie de Franco Montanari, jusqu’à 8 heures par jour. Ancien menuisier et ébéniste, il retapait notamment des meubles pour des antiquaires. Grand bricoleur, extrêmement habile de ses mains, atypique et hors normes, il évoque ses créations en arpentant son atelier, sautant d’une idée et d’une œuvre à l’autre, se précipite pour monter les trois fours à céramique qu’il a construits lui-même. Les univers trop cadrés le font fuir : « Je n’aime pas les choses lisses, qui manquent de délire et d’accidents. »

Franco l’original – il a élevé une cinquantaine de piafs et des mantes religieuses – assure même qu’il n’a jamais aimé travailler. « Ce qui m’intéresse ? Apprendre, expérimenter pour comprendre, tester des techniques », quitte à y laisser des doigts, tranchés par une machine il y a quelques années.

Il n’aura pas la possibilité cette année d’ouvrir son atelier et de présenter son travail lors du Mai des artistes. Dommage… Le suivre dans les méandres de son univers est un délice.

> Franco-montanari-sculpture.com