Portraits d'Argenteuillais

Rock... and roll

Portraits d'Argenteuillais

Chorégraphe hip-hop et enseignant, Joël Rock carbure aux rapports humains. L’Argenteuillais est à la tête du collectif La Légion, qui accompagne une vingtaine de danseurs.

Bio

1985 naissance en Haïti
1988 arrivée en France
2008 installation à Argenteuil
2017 création de La Légion
2019 défi à Majorque

Équilibrer les contrastes. La tête dans les rêves dansés et les pieds solidement amarrés au plancher, Joël Rock est parvenu à faire de sa passion pour le hip-hop un métier. « Je m’y suis mis tardivement, à 16 ans. » Au fil des années et rencontres, Joël devient professeur et chorégraphe. Il donne des cours à Nanterre, lors d’ateliers thérapeutiques d’une structure médicale, ainsi qu’à Sannois ou Argenteuil. Où il habite et a lancé La Légion, qui réunit des jeunes autour de chorégraphies et de stages, leur permettant d’ailleurs de participer à des concours. « Pas vraiment une école, plus un lieu de formation, un collectif au petit côté famille. » Une famille qui participe aux fêtes locales, propose des spectacles et ne demande qu’à s’agrandir : ne pas hésiter à la rejoindre.

Après une épreuve aux Pays-Bas en mai, direction l’Espagne en juillet. « Certains danseurs ont déjà remporté des concours en France. » D’une ambition dénuée de toute forfanterie, il ajoute : « La Légion peut aller très loin, elle commence à être connue en France. N’oublions pas que le break-dance sera aux prochains Jeux olympiques, ce qui devrait améliorer l’image du hip-hop. » Originaire d’Haïti, sa culture penchait plutôt du côté afro-antillais que du macadam du Bronx new-yorkais, où le mouvement hip-hop est né. « J’écoutais au début des choses très commerciales. Mais je me suis documenté, ai découvert le rap… et le jazz. » Réfléchi et méthodique, Joël se rappelle d’un deal passé avec son paternel. « La danse me prenait un peu trop de temps. Alors nous avons passé un contrat : je pouvais continuer si, en parallèle, je parvenais à décrocher un BTS Commerce. Aucun regret. Au contraire : il m’aide maintenant dans mes contacts professionnels ! » Lucide, bienveillant, il n’est rien tant attaché qu’à l’humain. « J’ai la chance de travailler quotidiennement avec des jeunes, de transmettre des connaissances, de les voir s’épanouir en s’investissant dans un projet. Je me rappelle par exemple d’un gamin en surpoids et en échec scolaire. Il va de mieux en mieux et a même décroché son bac ! » La création artistique comme socle d’un projet éducatif. Encore une question d’équilibre…