Portraits d'Argenteuillais

L’empathie faite vie

Portraits d'Argenteuillais L’empathie faite vie

Portraits d'Argenteuillais

Patricia Carpentier a longtemps organisé des formations pour les aidants à l’Institut de formation en soins infirmiers (Ifsi) Camille-Claudel, rattaché à l’hôpital d’Argenteuil. À 58 ans, elle a co-écrit un recueil de témoignages sur la maladie d’Alzheimer.

Bio

1960 naissance à Santiago du Chili
1985 diplôme d’infirmière
2011 1res formations à l’Ifsi Camille-Claudel
2019 publication Au cœur d’Alzheimer, confidences d’aidants familiaux - sur commande (12 €)

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Dans la solitude du coureur de fond… Prise au sens large, la course de fond pourrait être l’aide à un proche atteint de la maladie d’Alzheimer et la solitude devenir alors délicate. Mais perdu au milieu de l’océan des tâches à accomplir et de la détresse à surmonter, une petite bouée vient d’être publiée. L’ouvrage Au cœur d’Alzheimer rassemble quatre témoignages d’aidants, dont l’Argenteuillaise Patricia Carpentier. Elle, c’est son père, atteint de ce mal dégénératif, insatiable rongeur qui détruit petit à petit les neurones, qu’elle accompagne. Forcément, le propos ne manque pas de puissance, tant il vient « du cœur, des tripes. »

Infirmière de formation, cadre de santé, Patricia a travaillé à l’Ifsi (CH V.-Dupouy/ université D.-Diderot-Paris VII) avant de se diriger vers les crèches.

À la fin du lycée, elle voulait être médecin, a finalement tenté une fac. d’anglais tout en épaulant un chirurgien dans une clinique. Alors que le rapport aux patients et aux familles la passionnait déjà, le spécialiste l’a encouragée à passer le concours d’infirmière. Mais plus que tout, c’est transmettre qu’elle désirait. « Voilà ce que je devais faire : enseigner. » Et cogiter sur sa pratique : « Pourquoi d’excellents élèves font sur le terrain des infirmiers médiocres ? Je voulais réduire cette différence, faire en sorte qu’au sortir de l’école, les élèves soient les plus opérationnels et aguerris possible. »

Installée depuis plus de 20 ans à Argenteuil, Patricia Carpentier n’est pas prête de s’ennuyer : impliquée dans l’association Tam Tam Colonie, on la croise de temps en temps au Figuier blanc quand elle ne danse pas sur de la musique country. Grande lectrice – les classiques Maupassant et Baudelaire ; des contemporains comme S. Rushdie ; et bien sûr des médicaux, notamment sur la mort et la fin de vie. Thème qui l’intrigue et la passionne. «Je pense être quelqu’un de sensible, attentive à la souffrance des autres. Je ne peux pas m’empêcher de m’occuper des gens. » Son mari est lui-même infirmier et l’un de leurs trois enfants est éducateur spécialisé. Les chiens ne font pas des chats.