Portraits d'Argenteuillais

Franc parlé engagé

Portraits d'Argenteuillais Franc parlé engagé

Portraits d'Argenteuillais

Arlette Giraud a pris en septembre la direction de l’Apajh95 (association pour adultes et jeunes handicapés du Val-d’Oise), dont la section locale d’Argenteuil-Bezons-Herblay vient de fêter ses 50 ans. Ce caractère de 74 ans s’y investit sans compter.

Bio

1946 naissance à Ermont
1985 installation dans le Val-d’Oise
1998 entrée au conseil d’administration de l’Apajh95
2019 présidence de l’Apajh95.

« Coiffez-moi comme Jeanne Added ! » On imagine avec gourmandise la trogne de sa coiffeuse quand Arlette Giraud a passé commande, glissant une photo de la très hype chanteuse française à la coupe savamment sculptée. Présidente depuis septembre de l’Apajh95, cette forte personnalité dingue de musique ne manque pas de gouaille. « Deux maris, deux divorces, j’assume ! » Voir peut-être dans cette douce effronterie un héritage de ses années passées aux halles puis à Rungis. « Je travaillais avec ma mère, fromagère. Nous nous approvisionnions au coeur de Paris. C’était assez folklorique. Les prostituées qui tapinaient dans le coin me lançaient quand j’arrivais en voiture : t’inquiète ma cocotte, on va t’la surveiller ! » Arlette change ensuite de crèmerie pendant 20 ans, travaillant à la Sécurité sociale, mais revient à ses premières amours laitières en tenant une… fromagerie pendant 10 ans, à Ermont.

Arlette est aussi la maman de Muriel, qui souffre de trisomie 21, aujourd’hui âgée de 45 ans. « C’est en cherchant un institut médico-éducatif pour l’accueillir que j’ai connu l’Apajh. L’association gérait l’institut Makarenko à Argenteuil, devenu l’IME des Coteaux », se souvient-elle. Un établissement créé par la section locale de l’Apajh, qui vient de fêter son demi-siècle*. En 1998, jeune retraitée, elle adhère à l’association, puis entre à son conseil d’administration. À partir de 2006, Arlette Giraud représente même l’association auprès de différentes instances et travaille en lien étroit avec la ville d’Argenteuil, où la « solidarité est très ancrée ». Sept établissements de l’Apajh95 y sont même implantés.

« Cela a toujours été dans mon caractère d’aider les autres et d’essayer de trouver des solutions », constate Arlette. Altruiste et la tête sur les épaules, elle se concentre sur son action au sein de la structure sociale, pour ne pas se disperser et « faire les choses bien », sans compter ses heures, puisqu’elle est présente tous les jours de la semaine au siège de l’association valdoisienne à Taverny, bénévolement bien sûr. Dynamique, si elle sait être enjouée, elle s’avoue exigeante. « Nous sommes une association qui bénéficie de fonds publics, cela oblige. » Directe, elle dit quand ça va, ou ne va pas. Ses collègues de l’Apajh comme sa coiffeuse ont fini par s’y habituer. Le sourire d’Arlette n’y étant pas pour rien.

* Lire L’Argenteuillais n° 252 (02.2017) : portrait d’une autre Arlette (Liborel), qui avait rejoint quelques-uns des fondateurs de l’association, Rose et Roger Hermet, respectivement décédés en 2016 et 2015 ; est toujours présidente de la section locale Apajh95.