Portraits d'Argenteuillais

Jean-Marie Petitclerc

Portraits d'Argenteuillais Jean-Marie Petitclerc

Portraits d'Argenteuillais

Convaincu, révolté, réfléchi. Il impressionne, Jean-Marie Petitclerc. Fondateur, il y a 15 ans, du Valdocco à Argenteuil avec un groupe d’habitants du Val-Nord inquiets pour le devenir de leurs enfants, il va développer l’association jusqu’à l’inscrire dans la politique de la ville.

Bio

  • 2 février 1953 : naissance à Thiberville
  • 1971 : entrée à l’école polytechnique
  • 1978 : diplôme d’éducateur spécialisé
  • 1995 : fondation du Valdocco

Convaincu, révolté, réfléchi. Il impressionne, Jean-Marie Petitclerc.
Fondateur, il y a 15 ans, du Valdocco à Argenteuil avec un groupe d’habitants du Val-Nord inquiets pour le devenir de leurs enfants, il va développer l’association jusqu’à l’inscrire dans la politique de la ville. « Nous luttons contre le désoeuvrement des jeunes grâce à l’animation que nous voulons de proximité sans nier les dimensions affectives, luttons contre le décrochage scolaire et soutenons les parents. Pour moi, rien ne vaut la médiation, nous avons donc fondé un institut de formation », retrace ce prêtre polytechnicien.

Né dans une famille catholique normande en 1953, Jean-Marie Petitclerc s’éloigne du chemin de foi pour intégrer l’X. Entrer à Polytechnique avec des rêves de carrière politique à seulement 18 ans n’est pas banal. Comme la suite de son parcours. « Lors d’une compétition de demi-fond, ma jambe s’est brisée. Ce grave accident m’a fait réfléchir », se remémore celui qui va se tourner vers Dieu et les jeunes. « J’ai passé mon diplôme d’éducateur spécialisé et suis devenu prêtre salésien », poursuit-il. Ne se voilant jamais la face, les problèmes, il les pointe.

La jeunesse française souffre, surtout dans les quartiers », s’indigne cet adepte de Jean Bosco, le créateur de sa congrégation.
« Pour lui, la violence témoignait de la faillite de l’accompagnement éducatif. Avec le Valdocco, nous refaisons le lien entre école, quartier et famille », poursuit celui qui théorise pour agir. Ainsi, prônant la mixité, « pour sortir des codes très violents du quartier », il accueille des polytechniciens au sein de l’association où ils assurent du soutien scolaire. « Logés sur la dalle d’Argenteuil, ils découvrent la réalité de la banlieue, diversifiée, loin de l’image renvoyée par les médias. Quant aux jeunes, ils se projettent en rencontrant, par exemple, un maghrébin polytechnicien », s’enflamme Jean-Marie Petitclerc avec le débit de Jacques Attali, qu’il admire.

D’ailleurs, il fait profiter les politiques de droite comme de gauche de son expérience, de Boutin à Borloo en passant par Royal et a écrit de nombreux ouvrages.
Depuis six ans, il partage son temps entre Argenteuil et Lyon, où il a monté une antenne du Valdocco. De religion, il ne parle jamais mais tente simplement de rendre la société plus fraternelle.