Portraits d'Argenteuillais

Svetlana Fedossova

Portraits d'Argenteuillais

À 49 ans, Svetlana Fedossova a pris les rênes de l’équipe féminine de volley-ball, au Coma. Rigoureuse et modeste, cette sportive de haut niveau reste peu diserte sur son parcours aux mille méandres. Débuts en Sibérie, crochet en Ouzbékistan et ancrage en France.

Bio

1963 : naissance à Novossibirsk (Russie)
1991 : arrivée en France
2005 : installation à Argenteuil
2011 : entraîneuse de l’équipe féminine, au Coma volley-ball

Elle ne le dit pas mais adore ça. Ce sport où l’on a placé le filet un peu trop haut, où les joueurs se font pois sauteurs. Svetlana Fedossova entraîne depuis un an les volleyeuses du Coma.
Elle découvre par hasard la discipline à 12 ans, dans sa Sibérie natale. Le club de sa ville joue au très haut niveau. Svetlana l’atteint rapidement. « Plus que le sport, j’aimais me retrouver dans un groupe. »
On retrouve Svetlana à Tachkent, en Ouzbékistan.
Professionnelle
, elle dit pourtant adieu aux filets.
À 21 ans, devient comptable et maman. Court arrêt : deux ans seulement. « Je projetais de jouer à l’étranger. Le volley me manquait ? Pas du tout », douche-t-elle. Insaisissable. On retrouve la jeune Russe en France dès 1991. Clamart (2 ans, une coupe d’Europe), Longwy, au coeur des aciéries alors fumantes de la Lorraine, puis Asnières (11 ans, joue en pro A, se met à entraîner et intervient dans les écoles de la ville depuis 15 ans). « J’aime enseigner et transmettre. » Mais la section féminine du club disparaît. Bye-bye volley, hello tennis ! Sa fille Youlia grandit sur les courts et entame une carrière professionnelle.

Maman accompagne son ascension jusqu’à la 107e place mondiale, alors que Papa n’est jamais loin. « Nous sommes une famille très soudée de compétiteurs », assure Svetlana. Dont la fille se tourne à son tour vers l’enseignement.

2010, l’athlète slave reprend le chemin des gymnases. À Courbevoie, puis Argenteuil.Prenant sous son aile en septembre 2011 l’équipe féminine du Coma évoluant en Nationale 1.
Avec un succès certain. Visant le maintien, les filles ont frôlé l’accession. Les clefs ?
« Je ne suis pas cool mais exigeante », explique cette consciencieuse qui salue l’investissement de chacun dans le club, à commencer par la présidente. Femme de défi, elle vise encore le maintien. Intraitable modeste.

Qui tient peut-être sa retenue à sa jeunesse en Russie soviétique ? « Je l’ai quittée au début de la Perestroïka, alors que les sportifs commençaient seulement à pouvoir sortir du pays. Deux mois après, il n’existait plus. Cet effondrement n’a pas été un drame », sourit-elle, mystérieuse.