Portraits d'Argenteuillais

Stéphane Barret

Portraits d'Argenteuillais

Créateur plasticien plus que sculpteur, dit-il. À 48 ans, Stéphane modèle les visages des statues de cire du musée Grévin. Rencontre avec un touche-à-tout.

Bio

Plastique parfaite

Extérieur nuit. Au loin, la tour Eiffel scintille. Une lumière attire l’oeil au fond d’un jardin du centre-ville. Une porte s’ouvre… Mille visages au regard perçant, un éléphant arpente un mur quand le maître des lieux se dit solitaire.
« Mon garage est mon atelier. Je crée les prototypes de statues de cire du musée Grévin », explique Stéphane Barret. Pourtant, de formation technique, il a commencé dans l’industrie. Mais si pompes hydrauliques font ses journées, les soirées sont occupées à peindre et sculpter. Insatisfait, décidé, il plaque tout et se lance dans une formation en design. 1995, diplôme en poche, il travaille pour Disney ou des musées. « Je me suis alors installé ici, à Argenteuil, en me lançant comme sculpteur indépendant. »
En 2000, le musée Grévin cherche des créateurs. Il candidate, réalise un Bruce Willis plus vrai que nature et trouve enfin sa voie, celle de l’hyper-réalisme. « C’est un immense plaisir de toucher à la perfection. » Ce moment où modèle et statue se confondent. Pour cela, à part pour les stars internationales, il rencontre les personnalités, passe du temps avec elles, les prend en photo sous toutes les coutures, puis une fois la posture et l’expression définies, il rejoint son atelier. « Pendant un mois et demi, je modèle mon projet en utilisant de la plastiline, une matière grise et ferme qui ne sèche jamais », poursuit Stéphane. Qui travaille en étroite collaboration avec les équipes du musée et ses sujets. Une fois ce petit monde fixé sur un prototype, Grévin se charge du moulage en silicone et du tirage en cire.
Infatigable, ne sachant dire non, curieux et « un peu fou », il accumule les projets comme autant de défis, réalisant par exemple des répliques d’éléphants et de squelettes de mammouths pour le Musée d’histoire naturelle. C’est qu’au fil des ans, sa réputation s’est faite solide comme un roc. La chance des passionnés, amoureux de leur métier.
La dame de fer scintille encore. Une heure passée avec un type qui regrette juste de n’avoir pas de temps pour ses « projets personnels », manie une sorte de pâte à modeler, déterminé comme s’il fallait déplacer des montagnes… de marbre bien sûr.