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Promenons-nous dans le patrimoine : L’enceinte de la ville

Reportages Promenons-nous dans le patrimoine : L’enceinte de la ville

Promenons-nous dans le patrimoine Le 22/03/2013

Jusqu’au début du XIXe siècle, la ville d’Argenteuil était entourée de fortifications. Le territoire communal recouvrait alors celui du Centre-ville actuel. Destinée à protéger les habitants, l’enceinte est devenue au fil du temps un outil économique pour la ville.

Durant les XVIe et XVIIe siècles, la présence de la Sainte Tunique du Christ provoqua un essor commercial et l’installation de multiples communautés religieuses à Argenteuil. La ville se trouvant à la croisée des chemins menant à Paris, Saint-Denis, Saint-Germain et en Normandie, François Ier autorisa en 1544 les habitants à faire édifier une enceinte pour se défendre d’éventuelles attaques.

Cette enceinte, édifiée de 1545 à 1549, aurait remplacé une enceinte détruite en 1339 sur ordre royal, elle-même peut-être précédée d’une autre enceinte, abandonnée vers l’an mil.

Erigées en moellons, les fortifications – longues de quatre kilomètres - s'ouvraient par seize portes : sept donnant sur le fleuve et neuf sur la campagne. À sa construction, l’enceinte devait avoir un nombre de portes moins important : de nouvelles ouvertures ont du être pratiquées au fil du temps pour faciliter l'accès à la ville. Elles servaient ainsi de péage marchand : toute marchandise entrant ou sortant étaient contrôlées et taxées, générant une source de revenus importants pour la communauté d’habitants.

Achevées en 1549, les murailles figent la forme étirée de la cité ancienne. Cette cité correspond plus ou moins au quartier actuel du Centre-ville (voir le plan ci-dessous). Les portes prenaient en majorité le nom de la rue qu’elles clôturaient. Certaines d'entre elles étaient délimitées par des tourelles de huit mètres de haut. Ultime trace de cette enceinte, les vestiges d’une tour subsistent encore au sud du boulevard Karl-Marx.

À la fin du XVIIIe siècle, la destruction des murs est décidée pour faciliter la circulation des personnes et des marchandises, et permettre à la ville, enserrée dans ses murs, de s'étendre sur la campagne environnante. En 1803, la muraille est vendue par lots et des travaux de terrassement sont engagés jusqu’en 1818. Comme à Paris, c’est sur le tracé des anciennes fortifications que sont aménagés les grands boulevards urbains entourant la ville (boulevards M.-Berthaud, L.-Feix, Jeanne-d’Arc).

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La porte Butté, une nécropole en Centre-Ville

En 1895, plusieurs sépultures et des sarcophages au riche mobilier funéraire furent retrouvés lors de travaux entre le boulevard Karl Marx, la rue du Moulin et la rue de Diane, dans la rue Paul-Vaillant-Couturier.

Le secteur est très proche de l’ancienne enceinte de la ville et de la porte Butté qui devait se situer à la croisée de la rue Paul-Vaillant-Couturier et du boulevard Karl-Marx. Le mobilier funéraire conservé au musée, permet de dater ces sépultures entre l’an 200 et l’an 400 de notre ère, c'est-à-dire de l’époque gallo-romaine.

D’autres sépultures furent également exhumées en 1963 et en 1977, laissant à penser qu’une nécropole couvrait l’ensemble de la zone. En 1995, lors de travaux réalisés entre la rue de Diane et la rue Bicheret, deux sépultures et une grande fosse contenant quelques éléments de céramique des débuts du Moyen-Age (vers 500-600) sont mises à jour. Un cimetière mérovingien devait s’étendre le long et au-dessus du cimetière gallo-romain, près du bâtiment de la police municipale.

Il était courant, autrefois, de réutiliser les terres dédiées à l’ensevelissement des morts des civilisations précédentes. L’importance et le nombre de nécropoles retrouvées à Argenteuil témoignent de l’existence d’une population assez dense sur le territoire, dès l’époque gallo-romaine.