Portraits d'Argenteuillais

Jazz in Pointe-à-Pitre

Portraits d'Argenteuillais Jazz in Pointe-à-Pitre

Portraits d'Argenteuillais

À 27 ans, Florian Gustave a publié l’an passé son premier album, Tousen. Entré au conservatoire d’Argenteuil à 4 ans, devenu pianiste de jazz, il enrichit sa musique de ses origines caribéennes.

Bio

1993 naissance à Ermont
1997 entrée au conservatoire d’Argenteuil
2019 sortie de Tousen, 1er album
> FlorianGustave.com

L’on connaissait “Le Fou chantant”, Charles Trenet sillonnant la Route Nationale 7 en fredonnant Douce France. L’on pourra maintenant voyager entre caves de jazz et plages de Guadeloupe grâce au “Fou swinguant”, l’Argenteuillais Florian Gustave. Une folie douce et créative, celle du pas de côté, qui fait lever les yeux vers les cieux tout en poésie chaloupée. Le déplacement s’opère grâce au jazz chez Florian. « Par mes parents, j’ai été bercé par Mozart ou Ravel. C’est d’ailleurs ma mère qui m’a inscrit au conservatoire d’Argenteuil, où j’ai découvert le piano », se souvient le jeune homme. Qui se révèle particulièrement doué et poursuit son cursus, opérant un virage vers la note bleue et l’improvisation. Il est alors au lycée et s’apprête à étudier la musicologie à Paris VIII - Vincennes- Saint-Denis. Puis Florian compose, se nourrissant de grands jazzmen, de Miles Davis à John Coltrane en passant par Herbie Hancock ou Michel Petrucciani, tout en cherchant sa propre signature. Elle viendra des Antilles. « J’ai des origines guadeloupéennes et apprécie les artistes de ces îles, comme Kassav ou Grégory Privat. »
L’alchimie pouvait alors opérer, grâce aux rencontres avec des musiciens antillais. Son projet germe et s’affine, malgré les réticences de certains, Florian parvient à se faire une place, « même si ce fut dur » : teinter son jazz de ses racines antillaises. En témoigne son premier album, Tousen, sorti l’an passé.

Cet opus, le pianiste l’a voulu fluide et équilibré. « Derrière un morceau, il y a un énorme travail, mais la création me permet de raconter une histoire, en toute liberté. Mon souhait est aussi de séduire des auditeurs qui ne seraient pas habitués au jazz. » Tout en dansant. Et l’on revient à cette part caribéenne dans la musique de Florian. « Je suis très attaché au rythme, au plaisir, à l’énergie », confirme-t-il. Défricher un versant swing et métissé du jazz, où le chant pourrait se faire une petite place à l’avenir.

En vivre ? « C’est le but ultime, en jouant et enseignant. » Sans oublier que ce dingue de vélo enchaîne les randonnées, adore affronter les montagnes et compte le légendaire Tourmalet à son actif. Il s’est par ailleurs lancé dans l’apprentissage des langues, le japonais en premier lieu, en autodidacte.
Doué et atypique.