Portraits d'Argenteuillais

Les champs des possibles

Portraits d'Argenteuillais Les champs des possibles

Portraits d'Argenteuillais

Ils n’ont pas trente ans mais ont osé : Clémence Kuczko et Julien Collas ont repris il y a un peu plus d’un an l’exploitation de la famille de Julien, située sur la plaine d’Argenteuil.

Bio

1995 naissance de Julien à Enghien-les-Bains

1997 naissance de Clémence à Cormeilles-en-Parisis

2020 reprise de l’exploitation, plaine d’Argenteuil.

Ne pas se fier aux apparences. Les champs et arbres de la plaine locale sont en partie cultivés, grâce à trois exploitants “historiques” (familles Collas, Defresne et Lainé). La nouveauté, c’est l’installation de jeunes maraîchers. Clémence Kuczko et Julien Collas, partenaires à la ville comme à la campagne, ont repris l’exploitation que la famille de Julien entretenait depuis plusieurs générations. Il faut de la détermination et de la force – le duo n’en manque pas, pour passer outre les réticences précédant le saut dans l’inconnu, même si Julien a dès l’enfance mis la main à la pâte de l’exploitation qui nécessitait une petite modernisation. M. Collas père accompagne d’ailleurs la reprise. N’empêche, Clémence et Julien ne seraient-ils pas de doux rêveurs ? Ce serait enterrer sous les plants de tomates que le second fut responsable QSE (qualité-sécurité-environnement) pour plusieurs entreprises et la première aide-soignante « épanouie ».

« Je suis tombée enceinte fin 2018 et les parents de Julien prenaient leur retraite alors que le contrat de mon compagnon arrivait à terme », situe Clémence. On parlera d’évidence. Quant aux parents de la jeune femme, ils sont aussi de l’aventure : son père, commercial, est précieux sur les marchés, et sa mère, directrice financière, gage de rigueur dans la gestion. Le couple, sérieux et enthousiaste, affiche ses ambitions et ses incontournables. En quête de développement, il sera durable et en circuit court. Ainsi le binôme écoule-t -il ses fruits (figues, pommes et autres cerises) et légumes (asperges, tomates ou aubergines) sur les marchés d’Asnières et Bois-Colombes, tout en assurant des livraisons.Si Clémence et Julien travaillent en agri-culture raisonnée sur leurs cinq hectares – peut-être plus par la suite ? –, leur investissement sera également social. Par exemple, ils ouvrent déjà leurs terres à un Institut médico-éducatif pour former des jeunes en insertion professionnelle atteints de troubles mentaux.Ils ne sont pas non plus partis l’asperge au fusil, cherchant plutôt à se former à plusieurs cultures grâce à la Chambre régionale d’agriculture, et le soutien de la Ville via le territoire Boucle-Nord-de-Seine. Clémence et Julien désirent aussi participer au développement de la plaine, en s’y enracinant, oserait-on, en y habitant et élevant Matthéo, rejoint bientôt par un p’tit frère ou une p’tite sœur...